Anya Tikhomirova, plasticienne contemporaine

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Dans le cadre d’un dispositif culturel  (De visu) initié par le Rectorat et le Ministère de la Culture et de la Communication, nous aurions du recevoir au lycée au mois d’avril et de mai une artiste photographe et vidéaste ANYA TIKHOMIROVA, vivant et travaillant à Rouen. Cette plasticienne aurait du présenter des œuvres photographiques et vidéos dans l’atrium du lycée et en projection lors de la NUIT VIDÉO qui aurait du avoir lieu le 15 mai. Ceci n’ayant pas pu se réaliser du fait du Covid-19, je vous propose de découvrir de façon numérique son œuvre.

Mais avant toutes choses, je laisse à l’artiste, le soin de se présenter :

« Bonjour,Photo-Anya

Je m’appelle Anya Tikhomirova. Mes origines sont russes, mais je suis née en France.
Ce qui me caractérise le plus est peut-être une curiosité insatiable. J’ai donc un parcours de vie personnelle et professionnelle assez atypique.
J’ai vécu la plus grande partie de ma vie à Paris ou dans sa région, mais aussi à la campagne ou en bord de mer (en ex Basse et Haute Normandie),  en Angleterre, en Italie, et maintenant entre Rouen et un petit village perdu, au fond du Costa Rica.
Enfant et toute jeune adolescente j’étais sportive de haut-niveau (en patinage artistique). Plus tard j’ai fait des études d’Art dramatique et j’ai été comédienne pendant une dizaine d’année (au théâtre, à la télévision, la radio, au cinéma).
Je suis ensuite partie m’installer à Londres, où j’ai fait des études universitaires de psychologie et d’écriture du scénario. J’y ai aussi réalisé mon premier film, un court métrage de fiction, First Lipstick.
En Italie, j’ai écrit des scénarios de fiction et préparé mon voyage documentaire en Russie, dont vous pouvez voir le résultat sur mon site (le film vidéo Inostranka).
Je suis ensuite revenue à Paris où j’ai commencé à m’intéresser aux Arts visuels, en particulier à la vidéo et à la photographie.
A mon arrivée en Normandie, à Dieppe, je me suis totalement consacrée aux Arts plastiques. Je travaille principalement l’image : photographie, vidéo, dessin, installations interactives, animation. Je reviens également aujourd’hui au théâtre, en conception et mise en scène « d’objets théâtraux » avec le Collectif DontAct’.
Je continue de voyager autant que je le peux, principalement en Amérique Centrale, aux Antilles, et en Europe de l’Est.
Ma pratique artistique est indissociable de la vie que je mène, elle lui ressemble et y puise son énergie.
J’aborde la vie comme une voyageuse, une exploratrice, une chercheuse.
Explorer des chemins, faire des rencontres, des erreurs, des trouvailles… Passer de la sphère publique, sociale, à la sphère privée, intime, autobiographique. Voyager, fréquenter le monde, l’observer, être et interagir avec, puis me retirer en moi-même. Créer des passages entre ces sphères aux frontières perméables. Passer du document sensible, tourné vers le monde, à une réflexion plus introspective et nourrir chacune des approches.
Artiste transdisciplinaire, mon travail est éclectique mais le terrain que j’explore est toujours celui de la nature, de l’existence en tant qu’expérience, et la question de notre rapport au vivant non-humain. Essentiellement, ma démarche peut sans doute tenir dans cette pensée empruntée à l’écrivain-voyageur ».

Sylvain Tesson: Fouiller l’anecdotique pour traquer l’universel.

Les œuvres qui auraient dû être présentées

 

  • Visuel_Vide-o_HabiterLeCiel

    Elle  résonne particulièrement dans cette période où l’ailleurs a été pour toutes et tous le ciel. L’œuvre devait être donnée à voir selon une présentation envisagée par rapport aux particularités de l’établissement. Cette œuvre aurait dû être présentée dans l’atrium du lycée en deux parties :

    • en SUSPENSION par des tirages photographiques encadrés.
    • et en DIFFUSION pour la vidéo diffusée grâce à un écran plat muni d’un casque.

    La vidéo aurait été présentée en boucle (sans s’arrêter). Si vous le souhaitez vous pouvez regarder cette œuvre lente et méditative, fruit des voyages et captures visuelles et sonores depuis de longues années.

    Et je vous joins les deux fichiers des photographies qui auraient du être présentée en tirages photographiques encadrés.

    Visuel_DyptiqueHabiterLeCiel_1 Visuel_DyptiqueHabiterLeCiel_2

    Le texte de l’artiste :

    Cela a quelque chose à voir avec le ciel. Son hyperprésence. Ou son absence. Et puis les hommes en-dessous. Non, dedans plutôt. Oui, c’est cela, nous habitons le ciel. Posés sur un globe que nous effleurons à peine et que nous torturons pourtant au point de modifier notre atmosphère, notre histoire. Alors oui, lorsque je me déplace, que je voyage, je photographie le ciel, notre ciel commun, avec nos écorchures d’architectures, disparates ou uniformes, nos artefacts minuscules. Nous sommes là, présents, à peine parfois, trop souvent.

    Cette série n’en ai pas une dans le sens où elle n’a pas été pensée à priori. Je me suis simplement aperçue que ce que je photographiais sans le savoir c’est cet élan vers l’infini, l’insondable, l’au-delà de nous, du point de vue et de l’angle qui sont les miens et celui de mes congénères : étroits, gravitationnels.

    Je n’identifie pas les lieux photographiés afin de détacher les images de leur aspect documentaire. Je préfère laisser le regardeur faire son chemin mental vers une identification possible ou vers des erreurs d’aiguillage. Peu importe. Il s’agit de nous, globalement, dans le ciel.

  • Visuel_vide-o_Me-ditations1

    La seconde œuvre est composée de trois vidéos qui auraient du être présentée sous forme d’installations* vidéos pendant la Nuit Vidéo.

    *A noter le terme d’installation désignent une présentation d’œuvres composée d’éléments distincts disposés dans un espace de telle façon qu’un spectateur est à même de se déplacer dans le dit espace, de modifier son point de vue, de pénétrer et d’être quelque part, acteur de l’œuvre

     

    Les trois vidéos se visionnent séparément sur Viméo, mais en réalité elles sont montées pour une installation sur 2 écrans, où elles se répondent par intermittence.

    Le texte de l’artiste :

    La physis, la nature, le monde phénoménal étant faits de matière et interprétés par l’esprit, j’ai travaillé sur la matière de l’image photographique (images d’éléments naturels, vagues, ressac, écume, sable,..) pour en modifier la perception selon mes schémas mentaux afin de souligner l’aspect subjectif de la réalité selon qui se trouve être le sujet/observateur/concepteur.

    Je me promène dans la Nature, je la regarde, je vois, elle me procure des sensations, des sentiments, mes sens la captent et mon cerveau l’interprète en tant que « ceci est la réalité ». Pourtant nourrie de ma culture et de mon histoire, mon imaginaire y voit autre chose que ce que vous y verriez. Je vois La Grande Vague de Kanagawa (Méditation 1) et plus exactement cet instant d’éternité que j’imagine aurait vécu les pêcheurs devant la vague gigantesque et griffue prête à s’abattre sur eux. Je regarde une vague, et je voie celle d’Hokusai qui n’en finit pas de vouloir déferler. Je vois, dans le ressac et l’écume, des roses de porcelaine telles le fragment d’une œuvre de Maria Loura Estevao que l’artiste m’a offert (Méditation 2). Je vois du feu dans l’eau et le sable, en auto-référence à une vidéo sur le feu réalisée plus tôt (Méditation 3).

    L’image fixe est devenue mouvante, car rien, de la physis ni de l’esprit n’est définitivement figé. Tout procède d’un flux interrelationné.

    Le travail sur le son fait écho à l’invisible présent. Lorsque j’ai pris ces clichés, je n’ai pas vu la vie pourtant présente dans l’océan, mais « j’entendais » intérieurement les cris des animaux marins qui peuplent cette région du monde, la respiration des plongeurs admirant le récif coralien, la roche qui au fil des siècles, des tremblements de la terre, des éboulements, s’est transformée en sable, j’y ai ressenti les abysses…

  • Visuel_vide-o_FlowerPowerV

    La troisième œuvre est une vidéo qui aurait du être présentée seule dans l’espace d’une classe adaptée à recevoir les spectateurs de la Nuit Vidéo. Celle-ci devait être présentée plus classique en projection sur un écran.

    Plaçant le spectateur, de manière habituelle à la position du spectateur devant un écran de cinéma.

En savoir plus sur l’artiste :

Pour étendre votre connaissance sur l’artiste, vous pouvez :